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A la tête des Charpentes du Gâtinais, Gérard Bergevin a imaginé un nouveau concept de maisons à performance énergétique. En bois, elles ne consomment pas ou peu et ont la particularité de conserver les calories.
« On a une demande de maison Bèlêcène tous les jours. Trois ont été livrées autour d’Orléans dont une sur Ingré où nous avons déjà des indications de performance, déclare Gérard Bergevin. Jamais plus de 23 °C l’été, 19 °C tous les matins sans chauffer et, à la mi-novembre, des propriétaires qui n’avaient allumé leur poêle à pellets que deux fois une heure. Ce sont des maisons étanches et à basse consommation. L’idée étant de créer une enveloppe qui conserve les calories produits par les besoins quotidiens : douches, cuisines, repassage, TV… ». Aussi, Gérard Bergevin a banni les châssis de toit et les portes coulissantes pour faire la chasse au gaspillage d’énergie. « Le tout sans nuire à l’esthétique et au confort ». D’architecture particulière, les maisons Bèlêcène ont un style facilement identifi able : structure bois naturel, baies vitrées avec brises solaires orientables, plancher en bois apparent, stores escamotables et orientables, bardages à claires-voies sur chaque pignon permettant à la chaleur de s’évacuer par les combles… « L’isolation performante c’est ma démarche, confi e Gérard Bergevin dont l’idée de faire des maisons en bois remonte à 1985. La France construira en bois, c’est une évidence. Mais il y a 25 ans, ça ne l’était pas pour les décideurs de la région. Depuis 1990, on construit en bois mais sans performance derrière et une mauvaise isolation, c’est 45 % de la consommation énergétique perdue ».
Moins d’étanchéité dans les appels d’offre
Alors que la consommation d’une maison oscille entre 300 et 400 kWh/m²/an, avec le Grenelle de l’environnement, elle devrait être divisée par 4 d’ici 2012. Quant aux nouvelles constructions, elles ne doivent pas dépasser 50 kWh/m²/an. « En Autriche, les bâtiments publics fonc tionnent à moins de 15 kWh/m²/an ! », précise Gérard Bergevin qui enchaîne lectures et voyages d’étude pour être, lui aussi, le plus performant possible. « Tout passe par la conception. Le bois est un squelette que l’on va habiller. L’idée est donc de travailler les volumes, l’épaisseur des isolants, la disposition et l’assemblage des matériaux, trouver des astuces… ». Même si la démarche ne semble pas encore tout à fait intégrée en France, l’isolation performante va devenir incontournable dans les constructions. « Pour cela il y a un travail de partenariat à faire entre les maîtres d’oeuvre, d’ouvrage et les entreprises. Il faut aussi que les appels d’offres soient moins étanches », remarque Gérard Bergevin . Alors que dans d’autres régions des bailleurs sociaux se sont intéressés à la construction bois bien plus tôt qu’ici, on note dans le Loiret des balbutiements : « Nous avons déjà conçu, au lycée Gautier Brzeska, un bâtiment expérimental, le Pass I Lab. Et, là nous construisons 33 maisons BBC-effinergie à Amilly ».
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Loiret Eco n° 27 - Décembre 2009/Janvier 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit