Loiret Eco

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Accueil > Collection 2010 > N° 30 - Avril 2010

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Le grand retour des commerces de proximité

Révolutionnant l'univers de la consommation, les grandes surfaces ont bousculé le commerce de proximité, incapable d'offrir aux consommateurs autant de références à des prix si compétitifs. Aujourd'hui, la tendance s'inverse : crise, hausse du carburant, démarche développement durable, volonté des consommateurs de retrouver qualité et traçabilité des produits... Elles voient leur fréquentation baisser, au profit des commerces de proximité de centre-ville et centre-bourg. Pour autant, dans le Loiret, certaines zones rurales voient leurs petits commerces se tarir. Pour y remédier, des opérations de dynamisation ont été lancées afin de maintenir une vie commerciale sur tout le territoire.

De l’alimentation générale au café-tabac, de la boulangerie à la boucherie- charcuterie, du marchand de journaux à la pharmacie, sans oublier le salon de coiffure, l’horloger ou la petite boutique de vêtements, les commerces de proximité ont toujours fait partie de notre vie, rythmant nos achats quotidiens depuis des générations… Hier fragilisés par des habitudes de consommation qui faisaient privilégier aux consommateurs la recherche des prix les plus bas, les dirigeant en masse vers les grandes surfaces situées sur le trajet domicile-travail, les commerces de proximité refont aujourd’hui surface. À la faveur d’un contexte de crise propice à la révision des comportements, notamment grâce à la démarche de développement durable, les Français achètent globalement moins dans les grandes surfaces, se recentrant au contraire sur le commerce de proximité. Les raisons ne sont toutefois pas seulement économiques (notamment vis-à-vis des coûts du carburant) et environnementales – la notion d’écocitoyen faisant son chemin – mais également d’ordre plus humain : outre l’envie d’un retour à la qualité et à la traçabilité des produits, la recherche de convivialité est désormais une préoccupation majeure, comme le prouve la bonne vitalité des marchés, pour lesquels l’importance du lien social est souvent rappelée. Car après avoir un temps boudé les étals, « les consommateurs reviennent sur les marchés. C’est le retour au vrai commerce, le marché est la base du commerce. D’ailleurs, certains pays ne fonctionnent qu’à travers les marchés : la Thaïlande, le Maroc, la Tunisie… », souligne Didier Desterne, représentant de la Fédération nationale des commerçants des marchés de France (FNSCMF) et président des syndicats des marchés du Loiret. « C’est culturel, il y a un fl ux et un brassage social : d’ailleurs c’est là que vont les politiques en campagne électorale, sur les marchés ! » rappelle-t-il.

À Montargis, les commerces bougent grâce au FISAC

« Ici, à Montargis, le commerce se porte plutôt bien. Nous avons une clientèle fidèle et très réceptive à ce que l’on fait », lance Viviane Malet, commerçante et présidente de l’Union commerciale de Montargis, Montargis Passion. Il faut dire que pour les 130 commerçants de « l’union », ce ne sont pas les idées ni les actions de dynamisation qui manquent ! De quoi animer toute l’année le centre-ville. D’abord, le Salon Tendancia (16-17-18 avril). Organisé aux Jardins du Pâtis autour de 45 exposants, ce festival dévoile les nouvelles tendances dans le prêt-à-porter, la déco, l’informatique ou encore la high-tech…
Ensuite, la création d’une boutique en ligne, www.montargis-shopping. com ; le développement de la carte de fidélité ; la mise en place de chèques-cadeaux ; la création d’un journal bi-annuel ; les campagnes de communication pour la Grande Nuit des Soldes (juin), la Foire de la Madeleine (juillet), le Crazy Day (septembre), La Fiesta (octobre) et Les Folie’s de Noël (décembre). Sans oublier la modernisation et l’extension de la sonorisation et le recrutement d’un animateur. « Ça crée une dynamique par rapport au centre-ville et un climat sympathique pour les clients », poursuit Viviane Malet, également présidente de la Fédération des Unions commerciales de l’Agglomération de Montargis. Autant d’opérations collectives de promotion et de communication essentielles au maintien et au développement des commerces de proximité. « Ces animations sont possibles grâce aux aides du FISAC, le Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce, souligne Viviane Malet. 215 000 € financés par l’État, la mairie de Montargis, la CCI et l’Union commerciale ». Un fonds qui permet aussi aux commerçants et artisans du centre-ville de bénéficier d’aides individuelles à la modernisation (remises aux normes, accès handicapés) et à la rénovation de leurs vitrines et façades dans le cadre de l’opération urbaine de la ville. À Montargis, les commerçants n’ont pas fini de soigner leur image.

La CCI soutient les marchés
Pour la CCI du Loiret aussi, ce regain de fréquentation des marchés constitue une opportunité de développement qu’il faut encourager : c’est l’objet de la dynamique impulsée conjointement avec les professionnels, visant à moderniser et à professionnaliser les marchés afin de les adapter aux nouvelles tendances de consommation, et dans le même temps de reconquérir, voire de rajeunir, leur clientèle. À ce titre, d’importants efforts sont consentis par la CCI dans l’aide à la mise en place d’outils (lire encadré p24). Premier d’entre eux, la création d’un outil Internet baptisé Géomarchés, prévu pour être opérationnel au dernier trimestre 2010 : permettant un double accès, aussi bien pour les consommateurs que pour les professionnels (commerçants, mairies, etc.), ce portail a pour but de constituer une véritable bourse d’échanges de disponibilités de travail ou d’emplacements. L’intérêt d’un tel service en ligne réside dans la possibilité de faire se rencontrer l’offre et la demande, lorsque par exemple une municipalité recherche un boucher ambulant ou un poissonnier. À raison d’une centaine de marchés se tenant chaque semaine dans le Loiret, Géomarchés.com devrait être une véritable mine d’informations…
Autre action, la formation des placiers communaux. Deux sessions sont organisées au cours du 1er trimestre 2010, afin de mieux appréhender le métier de receveur-placier. Un métier dont le rôle s’avère incontournable et essentiel pour la bonne tenue et l’organisation des marchés. Au programme : réglementation de la profession, gestion et développement des marchés, etc. Dans le même esprit de formation, un atelier d’information est proposé aux créateurs d’activités non sédentaires : se déroulant une fois par mois à l’Espace Entreprendre de la CCI du Loiret, l’École des marchés aborde sur une demi-journée la démarche de création d’une activité de vente sur les marchés, ses spécifi cités, les bonnes questions à se poser ainsi que les pièges à éviter. Être commerçant ambulant étant un métier à part entière, avec ses problématiques et ses règles spécifi ques, ces réunions d’information prévoient la possibilité de poser des questions à un expert spécialisé et à un commerçant en activité.

Quand les marchés se vendent

Chez les Desterne, on est sur les marchés depuis début 1900 à vendre fruits et légumes. Didier, lui, a préféré les fl eurs. « C’est un métier passionnant mais très diffi cile ». Alors quand ce représentant de la Fédération nationale des commerçants des marchés de France (FNSCMF) et président des syndicats des marchés du Loiret, voit les consommateurs revenir aux étals en plein air, la satisfaction est là : « Les gens recherchent une convivialité, une fraîcheur et une traçabilité des produits. Par ailleurs, la hausse du carburant a poussé les consommateurs à moins aller en hypermarché préférant s’approvisionner en centre-ville et ce, dans le sédentaire ou non ». Autre cause à ce retour gagnant : la désaffection ou la disparition des commerces sédentaires alimentaires dans les communes. « Que reste-t-il alors en produits frais ? Le marché ». Contribuant au dynamisme des villes, les marchés se développent de plus en plus. D’après une enquête menée en 2009, 104 marchés existent dans le Loiret répartis sur 74 communes. En juin 2009, le département comptait 13 nouveaux projets. Face à ce regain de notoriété, un programme de promotion et de valorisation a été lancé par la CCIL en partenariat avec le Syndicat des marchés du Loiret, le Département et la Région, et soutenu par le Feder : création d’un site Internet, Géomarchés, pour rapprocher l’offre et la demande entre professionnels et collectivités, mise en place d’une formation pour les placiers, de réunions d’information pour ceux qui veulent se lancer, d’une sensibilisation aux TIC et d’une aide aux collectivités pour créer ou étendre des marchés. Enfi n, il est prévu la diffusion d’une brochure grand public sur les marchés du Loiret. « Ce programme est une main tendue vers tous les acteurs des marchés qui ont un intérêt commun », insiste Didier Desterne saluant la prise en compte du commerce non sédentaire par les différents partenaires « qui nous aident à parfaire notre dynamisme ».

S’initier aux TIC pour 0 €
Pour les commerçants non sédentaires, la CCI propose le passeport pour l’économie numérique. Il s’agit de les sensibiliser aux TIC (Technologies de l’information et de la communication), dans le but de moderniser la profession, mais aussi de les inciter à suivre de plus près les nouveaux modes de consommation de leurs clients et aussi à rejoindre le réseau Géomarchés.com. Une occasion exceptionnelle, pour les commerçants non sédentaires, de s’initier gratuitement à l’informatique et à Internet, en suivant 3 sessions de 3 heures chacune dans l’année (à partir du deuxième trimestre 2010). Les participants se verront en outre proposer des conditions préférentielles pour l’acquisition de matériels ou de logiciels ainsi que pour des prestations informatiques.
Côté collectivités enfin, la CCI propose un accompagnement pour la création ou l’extension de marchés, sous la forme d’un outil d’aide à la décision conçu comme une prestation sur-mesure : synthèse des étapes à suivre pour créer un marché, étude chiffrée propre à la commune, mise à disposition de documents types (règlements, questionnaires), liste des commerçants non sédentaires et des producteurs locaux de la zone de chalandise, avis technique quant à la viabilité du projet. Quant au grand public, il n’est pas oublié ! Dans le cadre de la promotion et de l’animation des marchés, une plaquette sera prochainement diffusée en direction des habitants du département, mais aussi des touristes et des infrastructures d’hébergement. Elle recensera tous les marchés du Loiret, avec leurs dates et leurs lieux. Une action qui sera prolongée par une opération départementale de promotion des marchés programmée au second semestre 2010.

Services numériques au comptoir

« Quand j’ai reçu la note d’information de la CCI, je me suis dit tout de suite « j’en veux un ! ». J’avais déjà failli monter un cyber café, c’était l’occasion ». Après Viglain, Neuvy-en-Sullias, Ménestreau-en-Villette et Guilly, un cinquième Point Multi-Services (PMS) va ouvrir à Dampierre-en-Burly, au Relais de Dampierre, le tabac-presse-restaurant-traiteur que tient Michel Quénardel, depuis 1983. Un nouvel espace de communication avec accès Internet et mise à disposition d’une photocopieuse, d’un scanner et d’une imprimante dont pourront bénéfi cier gratuitement, courant avril, tous les habitants de la commune ainsi que les touristes et les travailleurs de la CNPE (Centrale nucléaire de production d’électricité), principaux clients du restaurant. « L’accès à ces services se fera sans obligation de consommer, 7j/7, de 7 h à 22-23 h, précise Michel Quénardel, mais néanmoins sans en abuser. Ici, on est un peu le commerce de proximité du village ». Signalé par un totem logoté à l’extérieur de l’établissement, le PMS sera installé au rez-de-chaussée, dans l’espace tabac-presse-bar-loto mais à l’écart pour que les utilisateurs aient un peu d’intimité. « Cela permettra aux personnes âgées par exemple, qui ne peuvent pas toujours se déplacer, de pouvoir imprimer des documents, explique Michel Quénardel, d’offrir un accès Net à ceux qui n’en ont pas et permettre, pourquoi pas, à certains de faire leurs premiers pas sur la toile ». Avec ce nouveau dispositif, mis en place après accord de la mairie et avis des autres commerçants, Michel Quénardel espère gagner une nouvelle clientèle : « des gens qui ne fréquentaient pas l’établissement avant ou des jeunes qui n’ont pas les moyens de se fi nancer un équipement informatique. Mais plus généralement, j’espère que le PMS va revitaliser le village car, à Dampierre, le lien de proximité se perd : les gens sortent moins qu’avant. C’est un moyen de lutter contre l’individualisme ».

PMS : nouvel élan pour les zones rurales
Ces dernières années, les commerces implantés en milieu rural ont souffert. Le changement des habitudes de consommation et d’achat a abouti à une véritable désertification. Ainsi, en 2009, 82 communes du Loiret se trouvaient dépourvues de tout commerce. Malgré l’existence de tournées et de grandes surfaces à proximité, le besoin d’une nouvelle offre locale était attendue, l’évasion hors département restant relativement limitée, et étant essentiellement le fait de la vente à distance. Une réponse est venue avec les points multi-services (PMS) : la Région Centre et le réseau régional des CCI se sont engagés, dans le cadre de leur politique d’Aménagement du Territoire à proposer la mise en place d’une centaine de PMS, dont 20 dans le Loiret. Véritable « espace de services », pouvant être implanté aussi bien dans une entreprise commerciale qu’artisanale à dominante alimentaire (par exemple une épicerie ou encore un bar, un restaurant, etc.), le point multi-services concerne les communes de moins de 2000 habitants. Grâce à un partenariat établi au niveau régional avec desorganismes privés et publics, il propose au public une gamme de services complémentaires de son activité principale : relais SNCF, informations touristiques, retrait d’argent, produits de téléphonie mobile, Point Poste… Pourvu d’un équipement numérique et bureautique incluant photocopieur, télécopieur, poste informatique avec accès Internet, les PMS de la région se distinguent par leur signalétique immédiatement identifiable, avec entre autres des panneaux à l’entrée du village et/ou un totem à l’extérieur de l’établissement. Ciblant les entreprises, les commerçants, les artisans, désireux par exemple recevoir un bon de commande par fax, d’envoyer un devis par e-mail, ou encore d’effectuer une formalité administrative sur Internet, mais aussi les habitants souhaitant photocopier un document, passer une annonce, consulter des résultats d’examens scolaires sur Internet…, le PMS peut aussi intéresser les touristes (documentation, consultation de sa messagerie à distance, envoi de photos, etc.).
Cette opération d’implantation de PMS facilite l’accès des populations rurales aux TIC et, favorise le regain d’intérêt pour le commerce de proximité, en permettant l’existence d’un lieu convivial dans la commune. Quant au chef d’entreprise, elle est une opportunité pour faire croître et fidéliser sa clientèle, comme en témoigne Michel Quénardel, qui va exploiter à compter d’avril 2010 un Point Multi-Services à Dampierre-en-Bury : « dans le coin, personne ne peut se connecter à Internet : il existe bien un accès à la mairie mais il n’est pas très connu. ».

La supérette qui fait revivre l’Argonne

Neuf mois se sont écoulés entre la fermeture du Lidl et l’ouverture, début décembre 2009, du nouveau Franprix d’Orléans Argonne, situé au centre commercial Marie Stuart. « Quelques manifestations ont éclaté durant cette période : la population avait peur de perdre un commerce de proximité », raconte Labili L’Hadj, repreneur indépendant de la supérette, associé avec son frère et beau-frère. Labili L’Hadj a beaucoup investi dans ce projet pour en faire un commerce accueillant de 700 m2 et « non communautaire où l’on trouve de tout pour tout le monde selon le souhait de la population ». Et ce, sans aucune aide fi nancière. « Franprix est une très bonne enseigne qui associe une marque nationale et des prix discount. La gamme ici est étendue : environ 10 000 références avec des « produits du monde » pour que chacun s’y retrouve. Pour attirer un maximum de clients, nous allons proposer la baguette à 0,50 € et les fruits de saison à 1 € le kg. Nous avons apporté le snaking qui n’existait pas et la possibilité d’utiliser les tickets restaurant ». Labili L’Hadj, qui tenait le Point Chaud du centre commercial, a tout de suite senti le potentiel du site : « Avec l’arrivée du Tram, le centre commercial va être restructuré. Cela s’accompagnera d’un renouvellement des commerces et de la restauration de boutiques, d’un réaménagement de la Place Mozart avec la création d’un parking minute pour les commerçants ». Une revitalisation qui s’intègre au coeur d’un quartier en plein essor avec le développement d’un pôle économique sur le boulevard Marie Stuart (nouveau bâtiment du Département) et la ZAC d’une cinquantaine d’entreprises de l’avenue Jean Zay. « Depuis l’ouverture du magasin, nous avons regagné de la population. Après la fermeture du Lidl, les commerçants avaient ressenti une baisse de leur chiffre d’affaires. En amenant un service de proximité, on est tous gagnants : les gens font leurs courses d’un seul trait sur un lieu unique ».

L’union commerciale fait la force
Pour continuer à exister et se développer, la modernisation est souvent un passage obligé. Et pour ce faire, un petit coup de pouce est toujours le bienvenu. Avec l’ORAC (Opérations de restructuration de l’artisanat et du commerce) et le FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), l’État dispose de deux outils pour mener des opérations collectives de modernisation. Grâce à l’ORAC, un commerçant peut par exemple moderniser son point de vente, ou un artisan s’équiper de nouveaux matériels. Dans les deux cas, la CCI pourra accompagner le montage du dossier. Le FISAC permet pour sa part de financer des opérations très diverses, allant de la création à la modernisation des entreprises, qu’il s’agisse de commerce, d’artisanat ou de services. Son rôle est de préserver ou de développer un tissu d’entreprises de proximité dans les villes de plus de 3000 habitants. Un souci de préservation que l’on retrouve aussi dans les quartiers dits sensibles des grandes agglomérations. Là où plus encore qu’ailleurs, un commerce de proximité peut tout changer : sa présence maintient la vie commerciale et constitue un facteur essentiel pour le lien social, comme le prouve la réussite du nouveau Franprix implanté avec succès à Orléans au coeur de la cité de l’Argonne.
L’heure est au retour à l’hypercentre et les consommateurs manifestent un intérêt pour tous les « plus » qu’apporte une authentique relation personnalisée, comme seule la proximité peut en offrir : « les gens sont à la recherche d’un lieu de vie et de rencontre où ils ne sont pas anonymes. Ils veulent être chouchoutés », note Viviane Malet, commerçante et présidente depuis 11 ans de l’Union commerciale de Montargis, Montargis Passion. Une attention toute particulière au client et une capacité de conseil qui sont bien souvent l’apanage des petites enseignes : « on revient aux structures plus petites. Les centres commerciaux sont une autre façon de consommer où l’on a tendance à remplir son caddie un peu trop. On consomme pour consommer. » poursuitelle. Mais la relation de proximité n’exclut pas une forme de consommation raisonnée : « Les gens fonctionnent moins en coup de coeur ; en centre-ville, on gère sa consommation. » Mais si le commerce de proximité veut résister, il ne peut le faire avec des commerçants isolés. C’est du moins ce que pense Serge Maniago, président de la Fical (Fédération Interprofessionnelle du Commerce et de l’Artisanat du Loiret). Selon lui, « il faut inciter les commerces à se regrouper au sein d’unions commerciales qui pourront ensuite rejoindre les 31 unions commerciales déjà adhérentes à la Fical ». Et pour donner envie au consommateur de redécouvrir le commerce de proximité, la Fical organise, en fin d’année, une animation commerciale à l’échelle départementale sous forme de tombola, avec des voyages à la clé. Une initiative qui vise, par le biais d’une opération aussi ludique et populaire qu’une tombola, à faire redécouvrir le commerce de proximité.

Deret “truck” le thermique contre l’électrique

Enfin un camion que l’on aimera suivre ! Silencieux, sans odeur et n’émettant aucun rejet polluant, le nouvel utilitaire Modec, reconnaissable à sa marguerite « branchée », est 100 % électrique. En circulation depuis fi n septembre 2009, ce 5,5 t est distribué exclusivement en France par ElecTruckCity, 1er distributeur français de véhicules utilitaires électriques et dont Deret Transporteur est l’actionnaire majoritaire. L’occasion pour le groupe Deret de se positionner sur la problématique du dernier km. « Chez Deret, le développement durable fait partie d’un état d’esprit, lance Jean-Luc Fournier, responsable communication du groupe Deret (153 M€). Nous fonctionnons depuis toujours sur l’initiative et l’innovation sur des marchés de niche à valeur ajoutée ». Ici celui d’un nouveau mode de distribution des marchandises en centre urbain : « Des centres-villes perturbés par les pollutions, les nuisances sonores… et de moins en moins accessibles aux camions. Comment alors décongestionner sans perturber l’activité commerciale ?
Il y a deux ans, l’idée a germé ». Grâce à la création de 22 agences dans les plus grandes agglomérations (à moins de 5 km du centre-ville) Deret Transporteur peut accueillir sa flotte de 50 véhicules d’une capacité de 2 t en charge utile (un investissement total de 5 M€). « Le but étant de massifier les marchandises à destination des hypercentres pour ensuite livrer les clients finaux sous forme de tournées optimisées ».
Client de longue date de Deret, Sephora est la première enseigne française à avoir franchi le pas. « Quatre mois après le lancement, 122 magasins étaient livrés en électrique, dont ceux d’Orléans », souligne Jean-Luc Fournier. Avec à la clé une réduction de 329 t des émissions de C02. En test pour d’autres enseignes, la démarche de Deret Transporteur a fait l’objet d’une convention « d’opération exemplaire » avec l’ADEME, dans le cadre de la charte « Objectif C02, les transporteurs s’engagent ». Pour Deret, les voies vertes sont ouvertes.

Des livraisons urbaines plus vertes
Autre facteur jouant en faveur d’un retour aux commerces de proximité, la prise de conscience générale de l’importance du développement durable : soucieux d’adopter un comportement écocitoyen, les consommateurs sont maintenant de plus en plus nombreux à limiter les déplacements inutiles. Prêts à renoncer à prendre leur voiture pour sortir de la ville, ils attendent que celle-ci puisse leur proposer des solutions attractives pour faire leurs courses. Une situation qui implique que le circuit d’approvisionnement des magasins ne soit pas le principal facteur limitant : devant composer avec des centres-villes où le piéton retrouve peu à peu sa place, les moyens de livraisons doivent progressivement être repensés. Par exemple en utilisant des véhicules plus petits, à motorisation électrique pour éviter les nuisances sonores et olfactives, comme a su le mettre en place Deret Transporteur. Une piste qui, conjuguée à des aménagements urbains adaptés, pourrait préfigurer une intégration réussie des commerces de proximité dans le coeur des villes de demain.
Pas de doute, le retour au petit commerce est une tendance forte. À tel point que les grandes enseignes font désormais leur retour en hypercentre. Comme quoi, les « petits » commerçants ont eu raison de s’accrocher à ce qui pourrait désormais être leur devise : small is beautiful…

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Loiret Eco n° 30 - Avril 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit

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