Accueil > Collection 2010 > N° 30 - Avril 2010
On le sait, l'alternance est une voie d'excellence en matière d'insertion professionnelle pour les jeunes, et pourtant, elle progresse trop faiblement en France. Laurent Wauquiez, secrétaire d'État chargé de l'emploi, explique pourquoi il a lancé les Ateliers de l'apprentissage et de l'alternance en janvier dernier. Interview.
Pourquoi avoir créé les ateliers de l’apprentissage et de l’alternance ?
Laurent WAUQUIEZ : L’enjeu auquel nous sommes confrontés en France c’est que notre système de formation est beaucoup trop théorique et ne reconnaît pas suffisamment l’importance de la valeur travail dans les processus d’autonomie et de responsabilisation des individus, notamment des plus jeunes. Sur le marché du travail, on est de plus face à un paradoxe : les entreprises ne veulent pas embaucher de jeunes car ils sont considérés comme peu ou pas opérationnels, et les jeunes n’arrivent pas à décrocher le premier emploi qui leur permettrait d’acquérir l’expérience nécessaire.
L’alternance et l’apprentissage sont la clé pour sortir de ce cercle vicieux. En effet, c’est une voie privilégiée pour l’insertion des jeunes sur le marché du travail : il faut rappeler qu’un jeune a deux fois plus de chances d’être embauché lorsqu’il a choisi l’apprentissage. J’ai donc lancé les ateliers de l’apprentissage et de l’alternance pour développer et promouvoir cette voie d’excellence d’insertion sur le marché du travail : trois groupes de travail, des débats fructueux, des entretiens poussés, des prises de position diverses. Tous les acteurs de l’apprentissage, parmi lesquels les chambres de commerce et d’industrie qui jouent un rôle essentiel, travaillent à rendre le système plus simple, lisible et attractif.
Qu’attendez-vous de ces ateliers et sur quels sujets précisément ?
Laurent WAUQUIEZ : La mission de ces ateliers, c’est de formuler des propositions opérationnelles et d’apporter des réponses concrètes à des questions majeures : comment aider les apprentis dans leur vie quotidienne (logement, transport, achat de matériel, choix d’une formation, recherche de son entreprise…) ? Comment développer l’alternance, comment l’étendre des métiers traditionnels aux métiers du tertiaire et à tous les niveaux de cursus ? Le troisième atelier est centré sur les préoccupations des entreprises afin qu’elles s’engagent davantage dans l’alternance : comment simplifier les démarches, quelles incitations mettre en place ? Des mesures incitatives sont déjà opérationnelles, telles que le dispositif « zéro charges » ou les primes au recrutement ; il faut aller encore plus loin pour atteindre l’objectif d’un jeune sur cinq en alternance à horizon 2015.
Quel message voulez-vous adresser aux entreprises du Loiret, cible de ce magazine ?
Laurent WAUQUIEZ : Je voudrais rappeler que le recrutement par la voie de l’alternance doit avant tout être compris par les entreprises comme un choix gagnant et il faut les inciter à recruter par cette voie d’excellence. C’est la possibilité pour elles de former des salariés directement à leurs métiers, de fidéliser les jeunes dans le cadre de leurs politiques de recrutement et de s’enrichir au niveau du capital humain. Je souhaite aussi leur rappeler les efforts entrepris pour faciliter le montage des contrats en alternance, notamment par la recherche d’une offre de formation adaptée aux besoins en qualification des entreprises visitées.
www.ateliers-apprentissage.gouv.fr
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Loiret Eco n° 30 - Avril 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit