Loiret Eco

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Accueil > Collection 2010 > N° 33 - Septembre 2010

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L'innovation par les services, formidable levier de croissance

Le Loiret et région Centre sont en train de devenir un territoire de pointe dans le domaine de l'innovation par les services, avec le premier pôle d'excellence de France dédié à ce domaine, Nekoé, ainsi que de nombreuses initiatives avant-gardistes et actions collaboratives originales. Une stratégie d'avenir pour améliorer la compétitivité des entreprises. La France accuse encore un certain retard mais la révolution est en route.

Depuis quelques années, on assiste à une profonde mutation de l’économie vers les services qui, aujourd’hui, représentent plus de 75 % du PIB et de l’emploi français. On parle même d’une nouvelle économie, dite « servicielle ». Devant la concurrence sans cesse plus forte, il faut cependant aller plus loin encore et enrichir le concept pour optimiser la compétitivité des entreprises. L’innovation apporte cette réponse. Mais la France accuse encore un retard important par rapport à l’Allemagne, au Japon ou aux États-Unis dont les investissements en R&D sont d’ailleurs bien supérieurs. La dépense française qui y est consacrée reste, selon un rapport du Sénat, en deçà des 3 % fixés par la stratégie de Lisbonne. Notre pays ne compte par ailleurs aucune entreprise classée parmi les 50 plus innovantes au monde et se positionne au 24e rang en terme de capacité d’innovation, d’après The Innovation for development report 2009/2010. Selon le tableau de bord de l’OCDE, les PME françaises innovantes en process ne représentent que 17,8 % de l’ensemble et 14,8 % en ce qui concerne le produit lui-même. D’autre part, au niveau national, les effectifs salariés des secteurs innovants sont en recul, même dans les services. Quant au chiffre d’affaires, il progresse de 6 % dans l’ensemble, notamment grâce au dynamisme du secteur des services informatiques. Au final, selon le tableau de bord européen de l’innovation, seules 33 % des entreprises françaises ont des activités innovantes contre une moyenne de 42 % dans l’Union européenne, tirée vers le haut par l’Allemagne et son taux de 65 %.
Dans le Loiret, les initiatives tournées vers l’innovation se multiplient depuis quelques mois. Il y a tout juste un an, naissait, en septembre, le pôle d’excellence spécialisé dans l’innovation par les services Nekoé, premier en France, basé à Orléans Val de Loire Technopole, lieu d’incubation de l’innovation, et déjà lauréat du tout nouveau label Grappes d’entreprises. « Nekoé est un cluster qui s’adresse à toutes les entreprises, de toutes tailles, ainsi qu’aux territoires, collectivités publiques et laboratoires de recherche », explique son fondateur et directeur Paul Pietyra. Son objectif est de permettre aux entreprises de la région de se transformer, de replacer le client au centre, « de trouver de nouveaux champs de croissance par le développement de services innovants, dans une logique de mutation d’entreprise, et en s’appuyant sur les résultats de la science des services, un enseignement émergeant qui a pour objectif de trouver une réponse pluridisciplinaire ».

Nekoé, accélérateur de croissance

Nekoé a tout juste un an. Créé le 22 septembre 2009 sur le site d’Orléans technopole, ce cluster est le premier pôle d’excellence français spécialisé dans l’innovation par les services. Il propose aux entreprises de la région, de toutes tailles et tous secteurs, de les accompagner dans cette démarche visant à développer de nouveaux marchés, dans une logique de co-construction avec le client et de projets collaboratifs soutenus par les fi nanceurs publics. Cette association, présidée par Marc Dumas, est dirigée par Paul Pietyra, issu du monde de l’intelligence économique. Au départ, cet homme d’une trentaine d’années était missionné par l’Agglomération d’Orléans pour développer l’économie dans le secteur tertiaire. « Avec l’aval du président, j’ai commencé à construire le pôle avec les entreprises du territoire et l’université d’Orléans, raconte celui-ci. Très rapidement, on s’est rendu compte que les entreprises adhéraient ». Aujourd’hui, Nekoé, qui emploie trois permanents et s’apprête à recruter, est doté d’un budget de près de 800 000 €. Paul Pietyra réunit autour de lui une centaine de partenaires, dont l’Agglo d’Orléans, la Région, la CCIL, OVLT (Orléans Val de Loire Technopole), l’université d’Orléans et, côté entreprises, IBM, Datacard, Derichebourg, Lexmark, Arondor, Valorpal Systèmes, etc. À tout juste six mois d’existence, Nekoé recevait le nouveau label « Grappes d’entreprises » du ministre de l’aménagement du territoire qui a d’ailleurs lancé une deuxième vague d’appel à projets jusqu’au 14 octobre. Cette distinction s’accompagne d’une aide de 200 000 € sur deux ans. L’association compte dans son portefeuille plusieurs projets en cours d’élaboration et mène des actions telles que les rencontres sur Internet - le Nekoé Jam en avril dernier - ou la mise en place du salon Serv’Innov avec la CCIL et l’AgglO ces jours-ci. En quelques mois, Nekoé est devenu une référence dans l’innovation par les services, il fait d’ailleurs partie de plusieurs groupes de travail lancés par le gouvernement sur ce thème d’avenir. De quoi renforcer encore son expertise dans ce domaine.

www.nekoe.fr

Fédérer, mutualiser, innover
Les processus et méthodologies sont parfois très simples à mettre en place mais ils nécessitent une prise de conscience du dirigeant. Or, les bénéfices de l’innovation par les services étant encore méconnus en France, il faut commencer par intéresser les dirigeants, les former, développer des réseaux collaboratifs et les intégrer dans cette démarche. Nekoé a par exemple organisé en avril dernier avec IBM le Nekoé Jam, sur trois jours, vaste web événement participatif qui a rassemblé plus de 500 participants de France et d’ailleurs, dans une discussion autour de cinq thèmes d’avenir : la transformation de l’industrie par les services, l’avenir de la relation client, la place de l’économie numérique dans l’économie des services, le territoire comme réseau ainsi que le développement durable et les services. Une centaine d’experts a ainsi animé ces rencontres virtuelles et physiques interentreprises, premières du genre en Europe. Mais cette association a surtout lancé quatre projets « structurants » qui s’adressent aux entrepreneurs de la région. Cinq entreprises sont déjà sélectionnées pour tester, dès ce mois-ci, la deuxième phase de la « plate-forme de mutation » qui vise à bien identifi er les besoins et les opportunités avant de développer de nouveaux services et à les tester, en s’appuyant sur toutes les méthodologies existantes. Un appel à projets va être lancé pour expérimenter les différentes étapes du processus sur cinq autres entreprises. Deuxième dossier phare de Nekoé : le « bouquet de services ». Actuellement en construction sur le Pôle 45, à Saran, il aura pour mission de délivrer des services aux entreprises et aux salariés afin d’optimiser le fonctionnement du site et, du même coup, son chiffre d’affaires. Ce bouquet puisera ses ressources dans le parc qui l’accueille pour mettre en place aussi bien de la gestion électronique de documents que de la restauration collective. Au-delà de la démarche avant-gardiste, « l’innovation réside ici dans le fait de coordonner des acteurs très disparates, commente Paul Pietyra, et d’essayer de les faire travailler ensemble pour mutualiser les services ». Autre piste de travail de Nekoé : la « bourse de compétences », projet expérimental financé par le Fonds Social Européen pour améliorer la formation. Trois mille entreprises de la région ont été contactées et l’association travaille avec 50 d’entre elles afin de déterminer précisément l’outil et le processus d’accompagnement qui leur sera le plus utile. On en saura plus en décembre, avec la présentation du cahier des charges qui sera axé, c’est déjà officiel, sur deux secteurs : les services informatiques et la logistique. Il s’agira d’un outil, nouveau, de gestion des compé tences à l’échelle du territoire. Enfin, dernière mission que s’est fixée Nekoé pour cette première année d’activité : concrétiser Nekoé Recherche, à savoir un laboratoire doté d’une vraie transdisciplinarité et animé par deux personnes qui coordonneront un réseau de correspondants dans chacun des laboratoires d’Orléans, de Tours, de l’ESEM (École supérieure de l’énergie et des matériaux) et de l’IAV (Institut d’arts visuels) afin d’atteindre une « véritable dynamique collaborative », indique Paul Pietyra qui veut également impliquer des IUT, des entreprises et certains politiques. Ce dernier compte même, à l’automne, pour renforcer cette notion d’échange nécessaire, créer un réseau social qui regrouperait toutes les communautés nées de ces différentes initiatives et les croiser dans une sorte de bouquet de services virtuel où chacun apporterait sa propre spécificité.

Un bouquet de services sur le Pôle 45

Services ? C’est en réalité tout un bouquet qui s’apprête à fleurir sur le parc d’activités Pôle 45. Celui-ci - basé à Ormes, Ingré et Saran – est en effet choisi comme site pilote par la Communauté d’agglomération d’Orléans pour accueillir ce projet très novateur. Un dossier porté par Nekoé, dans lequel le GEP45, Groupement des Entreprises du Pôle 45, est évidemment partie prenante. Comme l’explique son président, Vincent Wedrychowski, directeur de Valorpal Systèmes, « notre objectif est de rendre le parc beaucoup plus attractif, en offrant des services de proximité aux entrepreneurs et aux salariés pour leur faciliter la vie. » Une mutualisation des services qui va générer des économies et pérenniser les activités. « Aujourd’hui, chacun gère ses espaces verts, pourquoi ne pas penser à une gestion commune pour diminuer nos coûts ? », propose concrètement Vincent Wedrychowski. Et d’élargir à une salle de sport, un restaurant d’entreprises, du co-voiturage, une chaufferie ou, plus avant-gardiste encore, des bornes pour acheter ses places de cinéma ou connaître les horaires de bus. Tout cela dans un esprit de développement durable, d’économies d’énergie et d’innovation, avec, reprend Vincent Wedrychowski, « une entreprise du parc pour centraliser, sur le principe d’une conciergerie de grand hôtel ». Grand hôtel qui représente plus de 200 entreprises et dépasse les 6 500 salariés. Le GEP45, constitué de 80 adhérents, avait déjà, en 2004, mis en place un PDE, le tout premier en France, qui s’est traduit, en 2007, par l’implantation d’une crèche inter-entreprises. Le 2 juin dernier, il lançait avec la CCI et d’autres parcs un « speed meeting business » pour développer cette synergie nécessaire entre entrepreneurs. Des échanges et des partages également rendus possibles grâce à la plate-forme Ecobiz. Aujourd’hui, le cheminement continue avec ce bouquet de services. Le recensement des besoins, mené par IBM et la CCIL, s’achève tout juste, qui permettra de définir un premier plan d’action pour fin 2010.

www.gep45.fr
www.burban-palettes.com

Un rendez-vous professionnel inédit
Toutes ces actions trouveront un aboutissement et un écho ce mois-ci dans le salon Serv’Innov, premier du genre, qui se tiendra les 22 et 23 septembre au Centre de conférences d’Orléans. Cette manifestation, mise sur pied par Nekoé, la CCIL et l’Agglo, sera le premier Forum de l’innovation par les services en France. Un rendez-vous régional à l’adresse des entrepreneurs, tous secteurs confondus, qui pourront ainsi rencontrer des experts de renom, multiplier les contacts qualifiés, assister à tes tables-rondes, des conférences et échanger sur les cinq thèmes retenus : mutation industrielle, développement durable, relation et satisfaction client, nouvelles technologies et économies de réseaux. Les entreprises du Loiret pourront aussi bien profiter de cet afflux d’informations qu’apporter leur propre expérience lors d’un atelier. Une occasion pour elles de se faire connaître et de nouer de nouvelles relations professionnelles. Mais aussi de profiter des entretiens individuels « audit innovation », avec un expert de la gestion de l’innovation qui identifiera leurs opportunités de développement dans les services. Ce salon se positionne donc comme un outil incontournable pour qui veut miser sur ces stratégies d’avenir et s’ouvrir de nouveaux marchés. Il touche ainsi directement l’économie du dé par tement et son emploi, quand on sait que le Loiret compte, dans le seul secteur des services aux entreprises, environ 4 500 entreprises et plus de 32 000 emplois.
Très prochainement d’ailleurs, en 2011, la CCIL publiera sur Internet un annuaire de ces prestataires de services aux entreprises domiciliés dans le département, répartis sur une quinzaine de secteurs d’activité. Un travail qui s’intègre dans une action de fond, intitulée « Développer la performance des entreprises de services aux entreprises », menée depuis plus d’un an par la CCIL (qui a d’ailleurs intégré dès 2007 dans sa signature le terme Services aux côtés des Commerces et Industries). Un engagement qui se traduit actuellement par la participation au salon Serv’Innov, mais aussi par la réalisation de notes de conjoncture trimestrielles sur les services, (Baromètre Ec’horizon), et surtout, par l’animation d’une communauté Ecobiz « prestataires de services » depuis fin 2007 ou encore la création d’une commission qui travaille sur des thèmes tels que « la méthode pour diffuser de l’innovation dans les TPE et PME prestataires de services » ou encore la réalisation de ce futur annuaire.

COFOB ou le sur mesure high tech

Son activité est « l’ingénierie électronique et informatique dans le domaine de la mesure et du traitement post-acquisition ». Mais Jean-Pierre Benoist, directeur de COFOB, s’empresse de traduire : « Nous développons des systèmes de tests et de mesures. Une entreprise va fabriquer un produit et vient nous demander d’étudier et réaliser un système pour vérifi er que le produit répond bien à ses spécifi cations ». Dans les locaux basés à Orléans Technopole, ingénieurs et techniciens supérieurs créent donc des machines ou des cartes à puce très sophistiquées pour des clients aussi réputés que Thales, Snecma, EADS ou le CEA. « Nous faisons des bancs de tests pour des moteurs d’avion, des missiles, mais aussi des systèmes de mesure de dégivrage de véhicules », reprend le responsable. Et de montrer aussi la future « montre verte » qui permettra de réaliser des cartographies de la pollution en temps réel. Bref, des outils sur mesure et un savoir-faire ultra-pointu qui ont déjà valu à COFOB (650 KE de chiffre d’affaires et cinq employés) de rejoindre les pôles de compétitivité Elastopôle et S2E2, mais qui méritaient d’être plus encore mis en avant. « Cela faisait 15 ans que j’étais à la barre et je voulais penser autrement le développement de COFOB », précise son dirigeant. Orléans Val de Loire Technopole lui propose alors un accompagnement individuel par Nathalie Purdom. « J’ai été impressionné par ses compétences. Elle a une démarche vraiment innovante en provoquant des réactions qui nous amènent à prendre telle décision que l’on avait identifi ée mais que l’on n’avait pas pu mener à terme. » Grâce à elle, Jean-Pierre Benoist réalise qu’il a besoin d’une formation, qu’il a démarrée. « Elle m’a aidé à trouver d’autres méthodes de prises de contacts et de positionnement de Cofob, poursuit-il. Elle m’a permis d’utiliser tous les nouveaux leviers. » Rénovation du site Internet, relance des réseaux sociaux, sans oublier la volonté d’ouvrir le capital « pour accélérer notre croissance. Sans cet appui, je n’y serais sans doute pas arrivé ».

www.cofob.fr

Naissance d’une nouvelle plateforme Ecobiz
L’innovation par les services, et dans les services, est un enjeu d’avenir dont sont tout à fait conscients Orléans Val de Loire Technopole et la CCI du Loiret. Ensemble, ils ont développé des partenariats et ont notamment créé en février le poste de « chargé de mission Innovation ». Cette mission, confi ée à Nathalie Purdom (lire p. 29), s’articule autour d’une double activité : accompagner individuellement les entreprises dans leur stratégie d’innovation et créer ce mois-ci puis animer la plate-forme Loiret Ecobiz Innovation. « Deux missions parallèles mais avec des transferts de l’une sur l’autre », explique Nathalie Purdom. Celle-ci va ainsi offrir aux dirigeants l’opportunité d’un réseau, organiser des ateliers à travers tout le département et tout simplement leur apporter son expertise ainsi que de l’information. Ce qui passe notamment par la nécessité de « renverser la vapeur sur les idées reçues », souligne cette dernière. Car elles sont en effet encore trop nombreuses, « comme le fait de croire que l’on manque en France de financement pour la création d’entreprise innovante ». Rappelons que de nombreuses aides existent, notamment par le biais d’Oséo, qui, par exemple, se fait le relais avec Nekoé de l’appel à projet européen Kis Pims permettant de financer jusqu’à 15 000 € les PME voulant développer un service lié aux énergies renouvelables. Le budget alloué permet de soutenir jusqu’à 60 dossiers sur la région, et ce, jusqu’à fi n décembre. Côté aides toujours, la région Centre s’est vue confier pour 2007/2013, par l’Union européenne, une enveloppe de 196 M€ au titre du fonds FEDER (Fonds européen de développement régional) dont 109 M€ dédiés à la recherche et l’innovation. À noter également, le crédit d’impôt « Recherche 2010 » pour les activités de recherche et développement des entreprises. Ou encore le statut de « Jeune entreprise innovante » (JEI) qui confère aux jeunes PME hautement innovantes des allégements d’impôts et de charges sociales sur les emplois dédiés aux activités de recherche. De très nombreux renseignements sont également disponibles auprès de l’ARITT Centre (Agence régionale pour l’innovation et le Transfert de technologie).

Nathalie Purdom, conseil et méthode en innovation

Elle a travaillé aux États-Unis et en Afrique du Sud. Elle a connu de gros groupes comme de petites structures et s’est aussi installée à son compte. Cette ingénieure met aujourd’hui cette expérience à disposition des entrepreneurs du Loiret. Nathalie Purdom est « chargée de mission Innovation », un poste créé en février par la CCI du Loiret et Orléans Val de Loire Technopole et qui s’articule autour de deux missions : « Lancer et animer dès septembre une nouvelle communauté sur Ecobiz, Loiret Ecobiz Innovation, explique cette femme de 43 ans. Et accompagner de manière individuelle les chefs d’entreprises dans leur stratégie d’innovation. » Dans les deux cas, Nathalie Purdom compte bien convaincre les dirigeants des bénéfi ces de l’innovation et « passer du Why we can ? à Yes, we can ! ». Cette plateforme Ecobiz Innovation va permettre de favoriser le partage de connaissances en s’appuyant sur les réseaux locaux, les entrepreneurs et les étudiants, à travers tout le département. Un premier atelier, Innovation & Design, s’est ainsi déroulé en juin au Fonds régional d’art contemporain avec l’Institut d’arts visuels d’Orléans et d’autres sont déjà programmés (le 28 septembre à la CCI de Beaugency, le 7 octobre à Gien, le 9 novembre à Pithiviers, le 18 novembre à Montargis). « Et pas de grands messes, assure l’animatrice, on va faire du serious game sur l’open innovation. » En parallèle, Nathalie Purdom accompagne des entrepreneurs dans leur démarche d’innovation : un regard extérieur et compétent, sans ingérence. « Je ne suis pas là pour les orcer, je pose des questions dont je ne connais pas les réponses et ensemble, on va creuser. Je suggère et ils décident. » Du conseil, une orientation vers l’organisme adéquat, une préparation aux entretiens, etc. Un service de plusieurs mois, qui s’adresse essentiellement aux TPE et PME car « elles sont très aidées au moment de la création mais après, elles se retrouvent seules et elles rament… »

Tél. : 02 38 69 80 50
nathalie.purdom@tech-orleans.fr

Autre idée reçue et restrictive : penser que l’innovation relève forcément d’une technologie nouvelle. « L’innovation est quelque chose de pluridisciplinaire et transversal à tout type de secteur et d’entreprise, reprend Nathalie Purdom. Pour moi, l’innovation ce sont deux choses : le résultat qui peut être un produit, un service, un procédé, une organisation, etc. ; mais aussi un processus qui implique donc une démarche, une remise en question permanente ». Parmi les exemples concrets, l’ingénieure cite le fait de mettre en place une autre façon de fonctionner entre la R&D et la production ; une nouvelle organisation interne ; le cas d’une entreprise de biomatériaux qui veut trouver une application à des végétaux envahissants ; etc. Autre exemple : le transporteur Deret, basé à Saran, qui pilote depuis un an le premier service de livraison urbaine écologique avec une flotte de 50 camions électriques, opérationnels sur un réseau national de 22 agences. À ce titre, le groupe DERET s’est vu remettre, lors de la SITL Europe 2010 (Semaine internationale du transport et de la logistique), le Grand Prix de l’Innovation « Transport et Logistique », toutes catégories confondues. Toujours dans l’agglomération d’Orléans, et sur le Pôle 45, l’entreprise Valorpal Systèmes, filiale de Burban Palettes, travaille actuellement à un projet qui lie également technologie et services dans un même élan d’innovation : équiper les palettes de ses clients de petites puces électroniques qui permettront de les « tracer » afin de mieux gérer les stocks et l’état desdites palettes et de réaliser ainsi des économies d’échelle. On est là encore dans la transversalité, si chère à DREAM (www.poledream.org/), cluster orléanais récemment labellisé pôle de compétitivité Ecotechnologies dans le domaine de l’eau et qui travaille à la construction de projets collaboratifs associant industriels et chercheurs. DREAM entend « favoriser les transferts de technologies de la Recherche vers l’Industrie, accélérant ainsi l’innovation dans les entreprises ». Car c’est bien l’un des points faibles de notre économie, comme l’a relevé le Sénat dans son rapport intitulé « Recherche et innovation en France, surmonter nos handicaps au service de la croissance » (1) : un défaut de coordination entre les organismes de recherche ainsi qu’une relative désaffection pour le transfert de technologie.

L'IAV, école de l'avenir

Jacqueline Febvre est depuis 5 ans à la tête de l’IAV, Institut d’arts visuels, ancienne école des Beaux-Arts née en 1786. Et cette designer textile de formation tient particulièrement à l’autre appellation de l’IAV : École supérieure d’art et de design d’Orléans. Celle-ci a en effet choisi « d’orienter davantage encore l’école d’art vers le design », avec des enseignements notamment tournés vers la 2D, la 3D et le design d’interaction avec l’utilisateur. « La question qui guide notre enseignement est : que peut faire le jeune créateur pour la société de demain ? », indique Jacqueline Febvre qui a choisi d’y intégrer l’enjeu environnemental. « L’art ne se pose pas forcément la question de l’utilisation, le design si, constate-t-elle. Il va permettre d’avoir un regard bien plus large et une capacité créative beaucoup plus innovante. » Véritable laboratoire d’idées, cette école publique qui s’apprête à changer de nom en 2011 et devenir un établissement public de coopération culturelle, offre aux étudiants de travailler sur de nombreux projets à l’occasion desquels ils font appel à différentes compétences. Deux d’entre eux ont récemment prouvé aux établissements de taille de Pierre Coulmeau, à Ingré, que l’activité pouvait être diversifi ée vers du mobilier urbain. D’autres ont présenté à la Foire de Paris, l’an dernier, leur projet Re-Source, une cuisine équipée réutilisant l’eau usée pour arroser les plantes de son plan de travail. En juin dernier, l’école a participé au premier atelier organisé par Nathalie Purdom, « Innovation et Design ». Une matinée d’échanges entre jeunes diplômés et dirigeants, qui a déclenché d’autres ateliers pour l’année à venir avec une entreprise fabriquant des panneaux alvéolaires, afi n de leur trouver - grâce au design - d’autres fonctions, comme la décoration. Preuve que le « designer est un formidable « transféreur » de technologies, conclut Jacqueline Febvre, et que les entreprises ont vraiment besoin de créateurs comme les créateurs ont besoin de l’entreprise ».

www.iav-orleans.com

Débrider la créativité
Et l’apprentissage de cette transversalité si nécessaire à l’innovation se fait le plus tôt possible. Un enjeu qu’a bien compris la directrice de l’Institut d’Arts Visuels (IAV), ou École supérieure d’art et de design d’Orléans. « Je fais le pari qu’en formant des designers dans une école d’art, ils seront en capacité de réellement réinterroger l’entreprise, ses objectifs, ses produits et ses services », indique Jacqueline Febvre. Anticiper, avoir une vision globale des choses qui déclenche une capacité créative beaucoup plus vaste, s’affranchir des carcans existants et oser transférer une technologie sur un autre domaine, profi ter des avancées qu’offre le progrès, inclure l’aspect sociologique et l’attente du consommateur : telles sont quelques-unes des grandes lignes de l’enseignement offert par l’IAV. En intégrant toutes ces notions, les étudiants peuvent alors concevoir les produits de demain et prouver que le design est l’un des moteurs de l’innovation. « Le design offre une valeur ajoutée infi niment plus importante sur le produit, sa fonction, le service qu’il apporte et il permet de développer de nouveaux marchés », commente la directrice.
Dernièrement, les étudiants ont travaillé sur un atelier « Recherche et Création » en partenariat avec la Cosmetic Valley et Shisheido. Objectif : trouver de nouvelles façons de s’appliquer du parfum. Il en est notamment ressorti une proposition d’estampes corporelles, sortes de tatouages parfumés conçus par le jeune Carles Deau. « Un nouveau produit, une nouvelle utilisation, une nouvelle présentation et une nouvelle technologie », résume Jacqueline Febvre. Une application très concrète de ce que peuvent apporter le design et la formation des jeunes dans l’innovation et donc la société de demain. Puisque c’est bien d’avenir que l’on parle.

(1) http://tinyurl.com/2vodbsl

www.nekoe.fr
www.loiret.cci.fr
www.forum-servinnov.fr
www.oseo.fr
www.arittcentre.fr
www.tech-orleans.fr

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Loiret Eco n° 33 - Septembre 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit

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