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Normacadre, entreprise équitable

Spécialisée dans un marché de niche - la construction de charpentes métalliques complexes - Normacadre déploie une politique sociale et salariale atypique. Benoît Reine, son PDG, s'y emploie avec conviction.

« Cette politique sociale et salariale, elle est normale à mes yeux » relativise humblement Benoît Reine, PDG de Normacadre et Normacadre International. Pour cet entrepreneur, membre du bureau du CJD, « si une entreprise évolue, les salariés doivent évoluer en même temps ». Arrivé en 1989 pour prendre en charge la partie export de l’entreprise spécialisée dans la conception et la construction de charpentes métallique en acier, le PDG rachète l’entreprise avec deux autres cadres en 1997, puis en devient l’actionnaire principal en février dernier. « Il n’y a aujourd’hui que des salariés de Normacadre dans le capital de l’entreprise, cela me tenait à coeur » confie Benoît Reine. L’aspect social du développement durable, le dirigeant le considère comme naturel : « au-delà de la recherche du résultat financier, le premier rôle d’un entrepreneur, il est social ». Son quotidien ? Gérer « une collectivité inscrite sous le signe de la diversité », avec des salariés dont certains ont Bac +6 et d’autres qui éprouvent des difficultés pour lire, écrire ou parler notre langue. Pour les 60 salariés de l’entreprise de Neuville-aux-Bois – dont aucun n’est au SMIC, mais 10 % au-dessus – les augmentations salariales [ndlr, à ne pas confondre avec les augmentations individuelles] sont calculées de manière originale, en accord avec le comité d’entreprise. « On ne fonctionne pas avec une somme globale répartie en pourcentage du salaire. Les augmentations sont calculées par tranches de salaires de façon à ce que les salaires les plus bas bénéficient d’une augmentation plus conséquente en valeur absolue ».

Responsabiliser les gens
Autre exemple de l’engagement de l’entrepreneur : l’aide au logement de salariés en diffi culté, qui passe par la rénovation de deux maisons sur les terrains de Normacadre. Benoît Reine, pour qui « créer du lien au sein de l’entreprise » reste fondamental, n’en garde pas moins une vision lucide. « Tout ce que j’ai, je le donne dans un partage le plus équilibré possible, mais je ne donnerai pas ce que je n’ai pas. Responsabiliser les gens, c’est important ». En 2009, malgré un CA de 11 M€ (+2,5 M€ à l’export), Normacadre connaît un passage délicat. « J’ai fait un choix économique : j’ai demandé aux salariés s’ils étaient d’accord pour du chômage partiel, en échange de quoi il n’y aurait aucun licenciement. Tout le monde a compris qu’il fallait se serrer les coudes et cela nous a permis de ne pas tanguer. Depuis le début de l’année, nous avons à nouveau fait des heures supplémentaires ». Participation, budget formation trois fois supérieur au minimum légal… au-delà de la politique sociale, c’est l’image même du patron que Benoît Reine vient bousculer. Un patron que les salariés ont continué de tutoyer une fois à la tête de l’entreprise et dont la porte du bureau leur est grande ouverte. « Ça ne change rien au respect mutuel » conclut-il.

www.normacadre.fr

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Loiret Eco n° 33 - Septembre 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit

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