Accueil > Collection 2010 > N° 34 - Octobre 2010
La création et la reprise d'entreprise ont le vent en poupe, surtout dans le Loriet qui totalise déjà plus de 2 700 nouveaux enregistrments sur les six premiers mois de l'année. Qu'il s'agisse de créer ou de reprendre, une telle aventure ne doit pas être menée à la légère. L'une des clés de la réussite ? L'accompagnement par des professionnels avisés qui sauront conseiller le porteur de projet et l'orienter. Les dispositifs d'aide ne manquent pas, tour d'horizon dans le département.
Le mois d’octobre est placé sous le signe de la création et de la reprise d’entreprise avec un salon qui lui est dédié, le 7, au Centre de conférences d’Orléans. Créer sa propre entreprise ou en reprendre une, voilà une démarche qui ne doit pas être menée à la légère et ce, même si l’on a la fibre entrepreneuriale. Il faut savoir accepter l’aide des professionnels compétents pour mettre toutes les chances de son côté. Et aujourd’hui, plus que jamais. En effet, rarement la France n’a connu tel niveau de création d’entreprises. Selon les dernières statistiques, l’augmentation constante depuis 2003 se maintient et s’accélère même sur le premier semestre 2010 qui a enregistré 338 465* nouvelles inscriptions en France - dont près de la moitié dans les services - soit une hausse de 16,6 % par rapport à 2009. Pour ce même premier semestre 2010, on compte 9 959 immatriculations dans le Centre, soit une augmentation de 11,5 %. Ce qui, dans le Loiret, se traduit par 2 730* créations, le plus gros effectif de la région, soit une évolution de +9,4 %. Dans cet ensemble, il faut distinguer, en dehors des régimes d’auto-entrepreneurs, les créations pures qui sont au nombre de 909** dans le département pour ce début d’année avec, en tête, les services à la personne (299), l’industrie (223) et le commerce de détail (216). S’ajoutent ensuite les 181 reprises où cette fois les cafés-hôtels-restaurants sont les plus nombreux (57) suivis des commerces de détail (41) et des services aux entreprises (34). Un total à comparer avec les 4 903* créations comptabilisées sur l’année 2009 dans le Loiret qui se place ainsi au-dessus de la moyenne nationale, largement devant les autres départements de la région (4 903* créations sur les 17 655* du Centre) et bien au-delà des résultats de 2008 (+86,7 % *). Dans ce contexte, le récent statut d’auto-entrepreneur, institué par la Loi de modernisation de l’économie de 2008 et entré en vigueur au 1er janvier 2009, remporte un succès indéniable. Avec des formalités de déclaration simplifiées à l’extrême et une fiscalité avantageuse, le statut s’avère une excellente solution pour tester une activité avant de se lancer ou afin de se constituer un complément de revenus. Le régime connaît donc un véritable engouement et a fait bondir les statistiques : plus de la moitié des créations d’entreprises sont aujourd’hui le fait d’auto-entrepreneurs. Les Français ont ainsi de plus en plus la fibre entrepreneuriale, qu’ils créent leur propre activité ou rachètent une affaire existante. Tous ces futurs dirigeants, quel que soit leur projet, doivent réunir un « bagage minimum » pour augmenter leurs chances de réussite et ne pas rejoindre les statistiques qui évaluent à 50 % la part des jeunes entreprises qui disparaissent au bout de trois ans. À entendre les différents experts (lire page 24) en contact avec ces futurs acteurs de la vie professionnelle, il faut avant tout rester soi-même mais également être sûr de soi et de son projet, savoir prendre une décision rapidement, faire preuve de patience. Prendre le temps d’étudier son projet et le marché, avoir une bonne visibilité sur le court et moyen terme, etc. Et, en cas de reprise, prendre en compte l’histoire de l’entreprise et de son personnel afin de ne pas échouer dans ce que Jerry Gras, directeur de L’Abraysienne, appelle « l’adoption réciproque ». Reste ensuite à suivre quelques conseils-clés ou, à l’inverse, à éviter certains écueils.
Nadège Langrand, le bonheur des papilles
Fricassée de Saint-Jacques sauce aux cèpes, poulet en coque de céréales, sandwich chaud au risotto… Tels sont quelques-uns des mets que Nadège Langrand affiche à sa carte. Une carte qui a ceci également d’original qu’elle est celle d’un traiteur itinérant comme il n’en existe que quatre autres en France. Cette habitante de Châteauneuf-sur-Loire a créé il y a un an Au bonheur des papilles, « de la restauration rapide mais haut-de-gamme », précise-t-elle. Pour ce commerce qu’elle voulait non sédentaire, elle a aménagé un camion, aujourd’hui transformé en véritable cuisine de professionnel ambulante. Elle commence sur les marchés de l’Orléanais puis se spécialise dans l’activité de traiteur événementiel, pour les particuliers et les professionnels, jusqu’à 150 personnes, sur toute la région. « Je cuisine à l’avance ou sur place », explique cette femme de 32 ans qui apporte même la vaisselle jetable et micro-ondable. Aujourd’hui, elle anime également des ateliers de cuisine, à L’École de la table, à Orléans, ou à domicile. Un résultat obtenu grâce à cette détermination qui la caractérise et l’aide qu’elle a reçu de différents partenaires. Responsable qualité dans une vie antérieure, Nadège Langrand choisit de joindre cette compétence à sa passion pour la cuisine. Une reconversion qu’elle « construit » lors de formations à la CCIL : sur la restauration, sur l’hygiène et, durant deux mois, sur la création d’entreprise. « Ça a été le début de tout, je n’aurais jamais pu créer mon business plan sans cela ». Celle-ci obtient des prêts auprès de sa banque ainsi que le Nacre et le Loiret Initiative. Grâce au soutien de sa famille, des autres créateurs et des parrains rencontrés lors de sa formation, elle dépasse les soucis du démarrage. Au point qu’elle remporte le Prix de la Création Rotary-CCIL en mai et qu’aujourd’hui, les demandes de franchise se multiplient. Ce qui lui donne des idées…
www.aubonheurdespapilles.com
Optimiser ses chances de réussir
Et le principal conseil, revenant comme un fil rouge, se résume à un mot : l’accompagnement. Tous les experts interrogés insistent bien sur cette nécessité : on ne se lance pas seul. D’autant plus qu’un oeil neuf apportera un regard objectif, sans a priori. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « le taux de réussite atteint 80 % quand il y a eu un accompagnement », confirme Jerry Gras. Heureusement, dans ce domaine, les dispositifs ne manquent pas. Il existe même dans le Loiret un réseau de professionnels qui mutualise les moyens existants pour les futurs entrepreneurs. Réseau Création Orléans Loiret (ou RCOL) compte cinq acteurs principaux : la Chambre de Commerce et d’Industrie du Loiret, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Loiret, l’ADASEA ou Association départementale pour l’aménagement des structures d’exploitations agricoles, la Boutique de gestion d’Orléans et du Loiret ainsi qu’Orléans Val de Loire Technopole. Ici, quel que soit son profil, le porteur de projet sera mis en relation avec tous les organismes aptes à l’aider. Il s’agit donc d’un programme d’accompagnement quasiment sur mesure. Avec, pour certains, la possibilité d’entrer dans un parcours d’incubation, encore plus personnalisé, afin de compléter les études de faisabilité déjà établies ; comme le fait la couveuse d’entreprises PES 45 qui offre la possibilité de tester son projet concrètement avant de s’immatriculer. L’ensemble de ces structures est accessible 24 heures sur 24 sur le site www.reseaucreation45.com. Ce portail est par ailleurs la déclinaison virtuelle du Salon de la création et de la reprise d’entreprise qui revient donc le 7 octobre, à Orléans (12 h 30 à 20 heures). Au menu : des rencontres avec les experts de la création-reprise, des informations, des conseils, des échanges et un réseau. À l’échelle nationale, on peut aussi trouver de nombreuses informations sur le site de l’Agence pour la création d’entreprise (www.apce.com). Un organisme sous tutelle de la DGCIS, Direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services instaurée par ministère de l’Économie, qui a mis en place, le 1er janvier 2010, le guichet unique de la création d’entreprises, site permettant d’accéder à l’ensemble des formalités de création (www.guichet-entreprises.fr). Parmi les acteurs de cet accompagnement, tout au long de l’année, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Loiret accueille dans L’Espace Entreprendre, situé à Orléans, et dans ses agences locales (Beaugency, Gien, Montargis et Pithiviers), les porteurs de projets désireux d’obtenir informations, outils et conseils. Ces derniers peuvent aussi y trouver un large panel d’ateliers et de formations, par secteur d’activité ou thème, comme le module, devenu incontournable, « Création-reprise d’entreprise » qui se dispense sur cinq jours ou huit semaines, avec des ateliers plus spécifiques pour la reprise. Autre formation, innovante et nouvellement mise en place : le « Parcours premium » animé par la coach Eve Chegaray et qui s’intéresse à l’aspect comportemental. Un « point souvent négligé, la part personnelle de la vie professionnelle, ce qui implique de bien se connaître en amont de la création ou de la reprise », précise Eve Chegaray qui travaille avec la méthode américaine Myers Briggs Typology Indicator. L’objectif est de mieux cerner sa propre personnalité et de déceler celle de ses interlocuteurs. Deuxième atout, le dirigeant en herbe qui suit cet atelier bénéficie parallèlement de l’accompagnement d’un parrain, issu de la vie active, qui lui prodigue conseils et expertises pendant un an.
Liber Mugabe, le guide des bons plans
Son guide n’était pas encore imprimé qu’il en avait déjà prévendu 200. Liber Mugabe vient d’éditer Passtime, un petit guide rempli de ristournes dans 90 restaurants, commerces et lieux de loisirs d’Orléans et de son agglo. Vendu 59 €, il est « rentabilisé en deux fois », promet son auteur. À tout juste 30 ans, cet Orléanais a donc quitté le statut de salarié pour devenir franchisé. Ils étaient six candidats dans le Loiret, c’est lui qui a été choisi par le groupe perpignanais aux quelque 60 franchises. Liber Mugabe a le profil : commercial et chef de publicité, il a travaillé pour différents médias et agences de communication de la place. Il connaît donc le terrain et les annonceurs. En 2002, il avait par ailleurs monté un bimestriel sur la musique, Bounce Magazine, vendu en France et dans les pays francophones. Un parcours que ce commercial a voulu enrichir d’une formation, nouvellement proposée par la CCIL, le Parcours Premium. « Il y a un aspect psychologique, explique Liber Mugabe. Une coach nous aide à déceler nos points forts et faibles ainsi que la personnalité de nos interlocuteurs. On est en plus suivi par un parrain qui nous épaule ». Des conseils qui viennent compléter ceux de L’Espace Entreprendre, sur le panel d’aides proposées aux jeunes créateurs. Un apport « primordial, estime Liber Mugabe, cela permet d’avancer concrètement ». Et d’obtenir des prêts de la banque, mais aussi de Loiret Initiative, Nacre et Oséo. Une aide qu’il aurait appréciée lors de sa précédente expérience : « je n’avais pas eu ces prêts à taux zéro car personne ne m’en avait parlé… ». Tiré à 3 000 exemplaires en septembre, Passtime est aujourd’hui disponible à la librairie orléanaise Chapitre, sur le site Internet dédié et auprès de certains comités d’entreprise. Liber Mugabe compte développer ses points de vente avant de s’atteler à la prochaine édition.
www.passtime.eu
Clavelle, du sur-mesure en famille
C’est une affaire de famille. Christine Barranger et Julien Boudet sont en effet mère et fils. Ensemble, ils ont ouvert leur commerce, fin avril, dans le centre d’Orléans, au 29 rue Jeanne d’Arc. Clavelle, « du nom de ma grand-mère » explique Julien Boudet, est un magasin de vêtements pour homme où chemises, costumes et accessoires, principalement fabriqués en France, affichent un style résolument italien. Mais qui s’appuie aussi sur un concept original alliant prêt-à-porter, sur-mesure et la collection créée par Julien Boudet lui-même. Car ce jeune homme de 25 ans a toujours évolué dans le monde de la mode : costumes sur mesure et accessoires. Après un poste au Réveil des Lions, il suit à Paris une formation de tailleur puis travaille chez le tailleur César Garcia. Des compétences qu’il associe à celles de sa mère, il y a environ un an. Licenciée du notariat « en raison de la crise », Christine Barranger opte pour une reconversion et suit la formation de huit semaines « Création – Reprise d’entreprise » auprès de la CCIL. « C’est vraiment ce stage qui m’a permis de concrétiser mon projet et d’être vraiment certaine de vouloir être indépendante », confie celle-ci. Durant ces deux mois, elle apprend à devenir le chef d’entreprise qu’elle est aujourd’hui et, en amont, à élaborer un business plan fiable et réaliste. Dossier qu’elle a évidemment présenté à un expert-comptable puis à un banquier. « Même s’il a fallu le compléter, il était bien préparé et il a convaincu le banquier, reprend la gérante. Il aurait été impensable d’aller le voir avec trois feuilles, surtout de nos jours ! ». Au final, la banque les suit ; ils obtiennent également des prêts Nacre et Loiret Initiative. Aujourd’hui, Clavelle répartit son chiffre autant sur le prêt-à-porter que le sur-mesure, auprès d’une clientèle venant du Loiret mais aussi de Paris, « grâce au bouche à oreille », note fièrement Julien Boudet.
Tél. : 02 38 72 73 43.
Des soutiens financiers multiples
Avec le soutien des professionnels compétents, on parvient aussi plus aisément à élaborer la pièce incontournable pour qui veut réussir : le business plan. Véritable épine dorsale, il constitue la maquette du projet. C‘est lui qui lui donnera sa crédibilité, qui convaincra d’éventuels financeurs et partenaires. Le document contient une présentation du projet, une étude de marché, l’organisation financière et juridique de la structure. Le tout, insiste Jean-Pierre Huret, responsable pour le CIC de l’Espace professionnel de la région Val de France, se doit d’exposer les éléments, dans une mise en page soignée et claire, avec du rédactionnel simple et des tableaux, en incluant des perspectives financières argumentées, objectives et non exagérées. Un business plan que l’expertcomptable, autre partenaire incontournable de la création ou de la reprise, peut aussi aider à construire et à optimiser. Depuis le mois d’avril dernier, l’Ordre des experts-comptables de la région d’Orléans offre d’ailleurs dans tout le Loiret des consultations gratuites aux futurs dirigeants (inscriptions sur le site dédié). Là encore, la question de l’accompagnement apparaît cruciale. Tout est lié. D’une étape à l’autre, on fortifie ainsi son projet, on l’enrichit et l’on découvre de nouvelles aides. Des aides qui vont revêtir diverses formes selon le domaine et le demandeur. Comme l’exonération des charges sociales pour les personnes en difficulté créant ou reprenant une affaire ainsi qu’une réduction d’impôt sur le revenu pour les contribuables. Le gouvernement a également prévu un crédit d’impôts pour la reprise d’une entreprise par ses salariés ou un régime fiscal et social plus avantageux dans le cas d’implantation dans une Zone Franche Urbaine (ZFU), une Zone de Redynamisation Urbaine (ZRU) ou une Zone de Revitalisation Rurale (ZRR). Par ailleurs, le salarié souhaitant créer ou reprendre peut momentanément quitter son emploi et bénéficier, durant sa première année d’exercice, du maintien de sa couverture sociale tout comme d’une exonération de charges. Autres aides facilitant l’installation : l’ACCRE (Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise) qui prend la forme d’une exonération de charges sociales pendant au moins un an ; l’ARE, Aide au retour à l’emploi, pour le porteur de projet qui reçoit une aide de Pôle Emploi (versement d’un capital ou maintien d’une partie des allocations chômage) ; le statut de « Jeune entreprise innovante » qui donne droit à des allégements fiscaux et sociaux ; ou encore le dispositif Nacre, Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise, qui crée un parcours d’accompagnement professionnel renforcé et qui entre également dans le volet des soutiens financiers accordés aux futurs dirigeants. Il s’agit d’un prêt d’honneur (à taux zéro) au même titre que ceux accordés par Loiret initiative ou le réseau de chefs d’entreprises Entreprendre Val de Loire. Des prêts qui viennent évidemment compléter ceux que les banques accordent ou ceux d’Oséo, dédiés ou non à l’innovation. Sans oublier le prêt Adie, pour les personnes n’ayant pas obtenu le soutien de leur banque, les différents fonds de garantie, les dispositifs Cap Création Centre, Cap solidaire ou Créatem offerts par le conseil régional aux créateurs ou encore le Défi jeunes proposé par la mairie d’Orléans. Plus de 3 900 dispositifs sont recensés par l’Observatoire des aides et subventions aux entreprises et du développement économique.
Stéphane Huiguinen, courtier en travaux
Il n’a pas perdu une minute ! Aussitôt après avoir quitté l’entreprise de levage qu’il dirigeait, Stéphane Huiguinen se lance et devient l’un des 150 franchisés du groupe Illico Travaux. Il prend alors la casquette de « courtier en travaux », un métier récent et pas encore classifié mais dont le slogan résume bien l’activité : « Vous cherchez des entreprises pour vos travaux, Illico les a trouvées pour vous ». Son métier consiste donc à jouer l’intermédiaire entre le client et les professionnels. Il se rend chez le client, prend connaissance de son projet et, sous trois semaines, revient le voir avec les devis détaillés de différents artisans référencés au préalable pour leur sérieux. L’objectif ? « Un gain de temps, d’argent et de sécurité pour le client qui bénéficie en plus de notre protection juridique », détaille Stéphane Huiguinen. En moins d’un an d’activité, ce dernier dépasse déjà 1,5 M€ de volume de devis, 800 000 € de contrats signés et 70 000 € de chiffres d’affaires. Des montants à entendre hors taxe et qui concernent des budgets allant de 250 € à 80 000 €, signés principalement par des particuliers. Stéphane Huiguinen a embauché un commercial il y a trois mois et vient d’ouvrir des bureaux à Saran, dans le centre commercial d’Intermarché. Membre de la Jeune Chambre Économique du Loiret, cet homme de 34 ans a suivi un cursus « Étude de chantiers » au lycée Gaudier-Brzeska et a toujours travaillé dans le bâtiment. Des connaissances indispensables au même titre, souligne-t-il, que « le bilan prévisionnel, l’étude de marché, le planning sur six mois et le fait de s’entourer des bons partenaires, banquier et comptable ». Pour le moment, sa clientèle se situe sur l’agglomération orléanaise et jusqu’à Châteauneuf-sur-Loire mais il envisage déjà une autre franchise au sud de la Loire en 2012.
www.illico-travaux.com
André, repreneur de Godeau et Covifruit
Cela fait pile un an. Le 1er octobre 2009, Hervé André rachetait les deux sociétés Godeau et Covifruit, situées à Olivet, en conservant l’intégralité du personnel, soit 22 personnes, « sauf les anciens dirigeants partis à la retraite », indique-t-il pour la forme. Depuis, la reprise se déroule bien. La SAS Godeau, 17 personnes, poursuit ses activités de grossiste en fruits et légumes provenant de la région pour les revendre à travers toute la France. Dont l’igname, sorte de pomme de terre uniquement cultivée vers Blois et vendue dans toute l’Europe. Le chiffre d’affaires de 5 M€ connaît une tendance à la hausse à quelques semaines du bilan comptable. Quant à Covifruit, SARL connue pour son alcool de poire d’Olivet (dont la distillation est en cours), « c’était un peu la cerise sur le gâteau », sourit le nouveau dirigeant. Le chiffre d’affaire d’1,2 M€ reste stable. Après 25 ans passés dans la grande distribution, à des postes de finance et gestion, Hervé André avait envie de changer. Il rencontre alors Joël Godeau, l’ancien directeur, à l’automne 2008 et finalise un an plus tard. Une demi-reconversion, finalement. Entre-temps, il consacre son énergie à monter son projet. « Seul au départ, puis avec l’expert-comptable ». Il adhère à l’association CRA, Cédants-Repreneurs d’affaires, et rencontre ainsi une fois par mois d’autres repreneurs et dirigeants. « On n’est plus seul face à un projet, note-t-il. Cela permet d’échanger et de se faire un petit réseau ». Autre expérience « intéressante », le passage devant la commission Loiret Initiative pour obtenir un prêt à taux zéro, car « ils sont plus exigeants que des banquiers pour le montage du dossier ». Autant d’étapes enrichissantes qui lui ont permis de mener à bien son projet et d’avoir, à ce jour, déjà embauché deux commerciaux, dont l’un sera chargé de faire connaître l’alcool de poire d’Olivet sur Paris et ses alentours.
www.covifruit.com
Médiatiser son entreprise
Non financiers, mais tout aussi primordiaux, les soutiens qu’offrent des structures comme Egée, Ecti, la couveuse d’entreprises PES 45 ou encore les quatre pépinières d’entreprises d’Orléans Val de Loire qui permettent notamment de profiter d’installations existantes ; sans oublier la plateforme web Loiret-Ecobiz, où créateurs et repreneurs, réunis en communauté, échangent sur leur expérience et les spécificités de leur activité, s’entraident et bénéficient de l’effet réseau. Enfin, en ce qui concerne uniquement les reprises d’entreprises, la CCIL met à la disposition des futurs acquéreurs tout un éventail d’aides et d’outils pour mener à bien tel projet ainsi qu’un « bulletin » dressant la liste d’affaires à céder et à reprendre. Parmi les autres ingrédients de la réussite : bénéficier de l’effet réseau et se faire connaître. Un des moyens d’y parvenir, c’est de participer aux différents concours existants sur notre territoire. Dans le Loiret, on compte notamment le Prix de la Création Rotary-CCIL ou le récent Créa’d’Or, dont la web tv Twideco organise cette année la deuxième édition régionale ; ou encore le concours Talents de la création d’entreprise avec le réseau des Boutiques de gestion. Au niveau national, la DGCIS gère le concours de l’entrepreneuriat étudiant, « Innovons ensemble » ; très médiatique, la « BFM Académie » créée depuis plusieurs années par BFM radio offre aux entreprises locales une formidable visibilité nationale. Des distinctions qui permettent non seulement d’enrichir son carnet d’adresses et son parcours mais aussi de provoquer la chance. Un facteur certes incontrôlable mais que l’on peut forcer en multipliant les contacts ciblés, en sachant s’entourer de professionnels avisés et en suivant leurs conseils. Et cela, autant dans la phase de préparation de son projet qu’au cours du lancement et durant les premières années de vie de l’entreprise car, comme le souligne Eve Chegaray, « il n’y a pas que le lancement. La première année est difficile et les trois premières années sont déterminantes ». Reste qu’à ce jour les dispositifs pour « l’après » sont bien moins nombreux que pour « l’avant ». Quelques structures interviennent néanmoins dans la durée : le Centre de jeunes dirigeants (CJD) ou Entreprendre et Réussir 45 organisent par exemple régulièrement des soirées thématiques et des formations ; la plate-forme communautaire Loiret Ecobiz de la CCI du Loiret dédiée aux créateurs-repreneurs ou encore son groupe repreneurs permettent eux aussi de maintenir le lien en permanence. Objectif : éviter l’isolement de l’entrepreneur, lui apporter l’aide dont il a besoin, au bon moment. Et contribuer à assurer la pérennité de son entreprise en dépit des imprévus, lot de tout créateur ou repreneur.
*chiffres Insee-APCE
**chiffres CCIL
Conseils d’experts
Jerry Gras, co-président de la Commission Création-transmission de la CCIL
« Rester soi-même, c’est vraiment le conseil que je donne à tous les créateurs d’entreprise ». Jerry Gras dirige l’entreprise de génie climatique L’Abraysienne, à Saint-Jean-de-Braye, et parraine un jeune créateur dans le cadre de la formation Parcours Premium. Il souligne également l’importance de se faire accompagner, de « rester à l’écoute du marché » et, pour les repreneurs, de ne pas tout réformer en arrivant.Eve Chegaray, coach d’entrepreneurs et formatrice
« Faire le point sur soi », en amont, est une condition impérative à la création ou reprise d’entreprise, selon Eve Chegaray, coach et formatrice. Cela passe par un bilan de compétences et/ou un profil de personnalité. Il est par ailleurs nécessaire de se faire accompagner, « idéalement par une personne que l’on ne connaissait pas avant », et de trouver le bon rythme afin de « ne pas oublier de prendre le temps du recul ».Serge Aubailly, président du conseil régional de l’ordre des experts-comptables de la région d’Orléans
« La clé de voûte, c’est la gestion », note Serge Aubailly, président du conseil régional de l’ordre des experts-comptables. Pour réussir sa reprise ou création d’entreprise, il est primordial, souligne ce spécialiste, de faire valider son business plan par un professionnel, de bien anticiper et d’avoir une bonne organisation. À éviter : la précipitation « qui est mauvaise conseillère ».Jean-Pierre Huret, responsable CIC Espace Professionnel de la région Val de France
« Il faut déjà être sûr de son projet, l’avoir fait mûrir et l’avoir bien préparé », insiste Jean-Pierre Huret, responsable pour le CIC de l’Espace professionnel de la région Val de France. Il est donc impératif de présenter un business plan lisible, efficace et cohérent, respectant trois maîtres-mots : « Concret, fiable et réalisable. » L’idéal est aussi d’avoir une expérience dans le métier ou, sinon, de suivre une formation.
www.reseaucreation45.com
www.apce.com
www.guichet-entreprises.fr
www.experts-comptables-orleans.fr
www.aides-entreprises.fr
www.loiret-ecobiz.fr
www.egee.asso.fr
www.creador.fr
www.concours-talents.com
www.innovos-ensemble.com
www.radiobfm.com
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Loiret Eco n° 34 - octobre 2010
Rédactrice en chef : Gaëlle Lepetit